Vous connaissez bien les bourgeons, et je vous en ai déjà parlé pour expliquer les bienfaits de la gemmothérapie.
Mais aujourd’hui, j’aimerais simplement vous proposer de revenir à la base.
Vous avez déjà pris le temps d’observer un bourgeon de près ?
C’est une merveille d’ingéniosité ! Une plante miniature, soigneusement repliée, qui attend le bon moment ????
Et pour comprendre comment fonctionne ce réveil tant attendu, ce moment où tout s’ouvre… il faut d’abord parler de ce qui se passe avant.

Un bourgeon a besoin de l’hiver !
Vous le savez sûrement, pendant l’hiver, le bourgeon entre en dormance, comme une hibernation.
Mais, contrairement à ce qu’on pourrait penser, le froid lui est indispensable ! C’est lui qui signale au bourgeon quand il doit s’arrêter de croître, et entrer dans cette hibernation… pour mieux repartir !
Sans cette dormance donnée par le froid, les bourgeons ne repartent pas.[1]
D’ailleurs, la durée du froid nécessaire n’est pas la même pour tous les arbres : les bourgeons du hêtre et de l’érable sortent de leur dormance après 3 mois à -10°C.[2]
Ceux du chêne ou du bouleau ont besoin de moins de temps : 6 semaines de froid sont suffisantes.
Bien entendu, pour survivre au froid, le bourgeon est bien équipé : il s’entoure d’écailles protectrices, comme chez le frêne.

Le bourgeon de frêne est facile à reconnaître: c’est le seul à être noir comme du charbon ????
Ou alors il se couvre d’un petit “duvet” ou de résine collante, comme chez le marronnier ou le peuplier.
Chacune de ces protections permet de lutter contre le gel et les microbes, ou encore les parasites.
Puis, une fois que le printemps est là et qu’il fait assez chaud, la sève circule à nouveau dans l’arbre, ce qui permet le gonflement et l’ouverture des bourgeons !
Certains bourgeons sont indécis…
Les bourgeons donnent soit des jeunes feuilles et des branches, soit des fleurs puis des fruits.

Mais chez certains arbres, comme le pommier ou d’autres arbres fruitiers, les bourgeons sont indécis, c’est ce qu’on appelle des dards.[3]
Si le dard reçoit suffisamment de sève, il deviendra un bourgeon végétatif, donc une feuille ou une branche.
Si ce n’est pas le cas, il deviendra un bourgeon floral, puis un fruit.
Pourquoi cette différence en fonction de la sève ?
Si la branche reçoit beaucoup de sève, cela signifie que l’arbre est vigoureux, il privilégie donc la croissance : ses bourgeons donneront surtout des rameaux et des feuilles.
À l’inverse, si le bourgeon reçoit moins de sève, il se dit qu’il y a un potentiel manque de ressources et se met en mode survie, en déployant directement des fleurs puis des fruits, ce qui permettra la reproduction.
Autrement dit, la quantité de sève (et d’autres indices comme le froid ou des signaux hormonaux) lui permet de décider s’il vaut mieux grandir ou se reproduire. Intelligent, non ? ????
Des fleurs avant les feuilles
Chez certains arbres, comme le cerisier ou le prunier, la décision est déjà prise depuis longtemps.

Ceux-ci se couvrent de fleurs… avant même de produire des feuilles.
Cela n’a rien d’un hasard. En fleurissant sur du bois encore nu, l’arbre rend ses fleurs bien plus visibles pour les insectes pollinisateurs, dans un paysage où les ressources sont encore rares. C’est une manière efficace d’attirer toute l’attention.
En plus, ça permet de faciliter la pollinisation par le vent, sans que la propagation du pollen ne soit empêchée par les feuilles.[4]
Mais comment font ces arbres sans feuilles pour produire de l’énergie ?
En réalité, les fleurs ont été préparées dès l’année précédente. Les bourgeons floraux sont déjà chargés de réserves, prêtes à être mobilisées dès les premiers redoux.
C’est donc une stratégie bien rodée : fleurir tôt, vite, et avant les autres. Bien sûr, le risque de gel existe… mais le gain en termes de pollinisation est souvent plus grand.
Connaissiez-vous ces anecdotes sur les bourgeons ? En connaissez-vous d’autres ? Aimeriez-vous en découvrir davantage ?
Écrivez-le moi en commentaire. Je me réjouis de vous lire ????
À très vite,
Mathilde Combes
Sources :
[1] https://www.wsl.ch/fr/news/hivers-trop-doux-quelles-consequences-pour-les-arbres/ [2] https://foretnature.be/resume-foret-mail/le-froid-a-du-bon-pour-les-bourgeons/ [3] https://www.biodiversite.net/article-scientifique/les-bourgeons-cles-de-la-croissance-printaniere/ [4] https://www.futura-sciences.com/planete/dossiers/botanique-pas-bourgeon-pas-foret-1187/page/4/
