Il suffit d’en poser deux ou trois dans une corbeille au milieu d’une pièce pour que toute la maison s’embaume d’une fragrance florale et miellée.

Pourtant, en cuisine, le coing fait souvent peur.
Dur comme de la pierre, couvert d’un fin duvet cotonneux, il semble tout droit sorti d’une autre époque.
Et pour cause : c’est l’un des fruits les plus anciens du bassin méditerranéen.
Bien avant que la pomme ne domine nos vergers, c’était lui la véritable « pomme d’or » offerte par Pâris à Aphrodite dans la mythologie grecque, symbole d’amour, de fertilité et de prospérité ????
Le paradoxe du coing
Sous nos climats européens, impossible de le croquer cru : sa chair est dense, granuleuse, et chargée de tanins qui assèchent la bouche.
Mais dès qu’il est soumis à la chaleur, une véritable alchimie s’opère : sa chair jaune pâle vire mystérieusement au rose poudré puis au rouge rubis profond à la cuisson, grâce à la libération de pigments antioxydants naturels.
En plus, le coing est le fruit de nos jardins le plus riche en pectine. C’est elle qui permet d’obtenir cette fameuse pâte ferme et gélifiée, que l’on découpait en carrés pour les goûters d’antan.
Le mot « marmelade » vient d’ailleurs du portugais marmelo, qui signifie tout simplement « coing » !

Le précieux sirop de coing maison
Si la pâte de coing demande beaucoup de patience et de surveillance pour ne pas brûler au fond de la casserole, il existe une façon encore plus délicate de capturer son parfum envoûtant : en faire un sirop.

Les ingrédients :
- 1 kg de coings
- 1 litre d’eau
- 600 à 700 g de sucre de canne (par litre de jus récupéré)
- Le jus d’un demi-citron
- Selon vos goûts, des épices en poudre (cannelle, cardamome, etc.)
Frottez la peau des coings sous l’eau avec un torchon propre pour ôter le duvet cotonneux. Coupez-les en gros quartiers sans les éplucher et sans retirer les pépins (ils contiennent tous les arômes et donnent au sirop sa belle texture nappante).
Placez les morceaux dans une grande casserole avec le litre d’eau, le jus de citron et les épices éventuelles.
Portez à ébullition, puis laissez mijoter à feu doux et à couvert pendant 45 minutes à 1 heure.
Les morceaux doivent être très tendres et le bouillon joliment teinté.
Versez le tout dans une passoire tapissée d’une étamine (ou d’un linge propre).
Laissez égoutter tranquillement sans presser les fruits pour que votre sirop reste bien limpide et transparent. (Astuce anti-gaspi : mixez les morceaux cuits restants pour en faire une compote express ! ????)
Mesurez le jus obtenu et versez-le dans une casserole avec le sucre (environ 650 g de sucre pour 1 litre de liquide).
Portez à frémissement et laissez réduire à feu doux pendant 15 à 20 minutes en remuant de temps en temps, jusqu’à ce que la texture devienne sirupeuse.
Versez immédiatement dans des petites bouteilles en verre stérilisées, fermez hermétiquement et retournez-les jusqu’à complet refroidissement.
Ce sirop se conserve plusieurs mois à l’abri de la lumière. Une cuillère sur des pancakes ou un yaourt nature, et toute la douceur de l’automne s’invite à table ! ????
Et vous, quels étaient vos goûters d’automne quand vous étiez enfant ? La pâte de coing fait-elle aussi partie de vos madeleines de Proust ?
Racontez-le-moi en commentaire, vos retours sont toujours un plaisir à lire !
