À chaque fois que je vais au marché, je ne peux m’empêcher de comparer ce qu’on trouve sur les étals avec ce que la nature nous offre…
… parce qu’en réalité, de nombreux fruits et légumes existent en version sauvage, et on les a oubliés.
Au fil des années, on a sélectionné des espèces plus prolifiques, avec des fruits et légumes plus gros… mais souvent plus pauvres en nutriments.
Alors, en cette saison où la nature regorge de trésors, je vous propose de revenir à la source et de (re)découvrir quelques ancêtres sauvages de nos légumes du quotidien.
La merise, la cerise sauvage
Connaissez-vous les merises ?

Ce sont tout simplement les cerises sauvages !
Elles poussent sur le merisier, un arbre majestueux qui peut dépasser largement la taille de nos cerisiers cultivés.
D’ailleurs, le merisier sert encore aujourd’hui de porte-greffe à de nombreuses variétés de cerisiers cultivés…
Plus petites et un peu plus acidulées que les cerises, les merises sont délicieuses lorsqu’elles sont bien mûres, avec une saveur rappelant la cerise confite et une légère note d’amande.
On peut aussi les transformer en gelée, en confiture, en clafoutis ou les utiliser pour parfumer des eaux-de-vie.
Petite anecdote : le merisier est surnommé le « cerisier des oiseaux » car ses fruits sont très appréciés par la faune. Il se reconnaît aussi facilement grâce à deux petites glandes rouges situées à la base de ses feuilles.

André Abrahami, https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Glandes_Prunus_avium.jpg
La carotte sauvage, l’ancêtre de nos carottes
Les jeunes racines de la carotte sauvage sont bien plus fines que celles de nos carottes orange, mais elles possèdent une saveur douce et aromatique.
Ce qui est intéressant, c’est qu’il n’y a pas que ses racines qui se mangent : ses feuilles peuvent parfumer des salades, des pestos et des soupes.
Mais ce sont surtout ses fleurs et ses graines qui étonnent : les ombelles se cuisinent comme un petit légume, tandis que les graines dégagent un parfum de poire, d’agrumes et d’anis, parfait pour relever les plats.

Des graines de carotte ont été retrouvées dans des habitats préhistoriques : elles étaient déjà utilisées à l’époque comme épice et comme plante médicinale !
Les premières carottes domestiquées connues étaient blanches, jaunes ou violettes. Ce sont ces dernières qui ont donné naissance à nos carottes orange, riches en carotène.
Attention cependant, vous le savez sûrement, mais les ombelles de la carotte sauvage ressemblent beaucoup à la ciguë, très toxique.
Un bon indice ? Vous avez sûrement déjà remarqué le point foncé au milieu des ombelles de carotte sauvage : il s’agit d’un leurre visuel pour attirer les insectes pollinisateurs. La ciguë ne possède pas de tache.

Le radis sauvage, le cousin piquant du jardin
Le radis sauvage, aussi appelé ravenelle, a une double réputation.
Les agriculteurs le redoutent parce qu’il pousse dans les champs comme une mauvaise herbe, mais les cueilleurs l’apprécient pour sa saveur originale.

Ses jeunes feuilles, ses fleurs et ses petites gousses croquantes sont comestibles, avec un goût relevé, qui rappelle celui du wasabi !
Cette plante a même intéressé Charles Darwin, qui l’a étudiée pour comprendre comment les plantes sauvages se transforment sous l’effet de la culture.
Car, malgré des siècles de sélection qui ont beaucoup transformé le radis cultivé, le radis sauvage a conservé de nombreux traits de ses ancêtres : une racine fine, un goût plus marqué et une grande rusticité.
Connaissiez-vous ces anecdotes sur les versions sauvages des plantes cultivées ? En connaissez-vous d’autres ?
Écrivez-le moi en commentaire. Je me réjouis de vous lire !
