
J’aimerais commencer mon mail du jour par une petite devinette.
C’est une plante très commune de nos jardins, dont le nom veut littéralement dire « beauté d’un jour » ( c’est vous dire si elle est belle 😊).
Elle nous vient des steppes de Mongolie et a été introduite en Europe au XVIème siècle pour son allure tropicale.
Mais ce qu’on a oublié depuis deux générations, c’est qu’elle est comestible des pieds à la tête : de sa fleur sucrée à son bouton croquant, en passant par sa jeune pousse et ses racines…
Vous avez une petite idée ?
Il s’agit de l’hémérocalle !

On l’appelle souvent le « Lys d’un jour » et son nom vient du grec hemera (jour) et kallos (beauté).
C’est une plante qui a fait un choix radical : chaque fleur ne vit qu’une journée.
Elle s’épanouit à l’aube et se fane au crépuscule.
On pourrait croire à une immense fragilité, mais c’est tout le contraire.
Sous cette fleur éphémère se cache l’une des plantes les plus robustes et généreuses que je connaisse 😊
Une seule tige… pour des dizaines de boutons !
Si l’hémérocalle accepte de voir ses fleurs mourir chaque soir, c’est parce que ce n’est pas une fin pour la plante.
En fait, une seule tige peut produire des dizaines de boutons qui s’ouvrent à tour de rôle.
Elle puise cette résilience incroyable dans ses racines.
Ce ne sont pas des racines classiques, mais des petits tubercules charnus qui ressemblent à des mini-patates douces.

Ce sont ses « batteries » : elles stockent l’eau et l’énergie, ce qui lui permet de braver des hivers à -20°C comme les pires sécheresses… sans jamais broncher.
L’aiguille d’Or
En Asie, et particulièrement en Chine, l’hémérocalle porte un nom que je trouve très poétique : Jin Zhen, ce qui signifie littéralement « Aiguille d’Or ».
Ce surnom ne vient pas de la fleur épanouie, mais de son bouton floral.
Juste avant de s’ouvrir, le bouton est long, fin et pointu.
Une fois récolté et séché au soleil, il s’affine encore et prend une teinte dorée.
Dans la cuisine traditionnelle chinoise, ces « aiguilles » sont jetées au dernier moment dans les bouillons où elles apportent une texture croquante et un parfum subtil.

Mais on ne mange pas que les boutons.
En Chine, l’hémérocalle est considérée comme un légume classique depuis des siècles.
On cuisine ses fleurs fraîches sautées au wok avec de l’ail et de la sauce soja.
On ajoute ses jeunes pousses dans les soupes printanières.
On cuit ses tubercules comme des pommes de terre dans les plats mijotés.


Un « super-aliment » sauvage
Ses fleurs et ses boutons sont incroyablement riches en vitamine A et C, deux antioxydants majeurs qui protègent nos cellules et boostent notre immunité.
Mais ce qui est le plus surprenant, c’est sa teneur en fer.
En herboristerie chinoise, on l’utilisait traditionnellement pour « nourrir le sang » et redonner de l’énergie aux personnes fatiguées ou anémiées.
Ses racines charnues, quant à elles, sont riches en glucides complexes et en amidon, ce qui en faisait une source de calories précieuse lors des périodes de disette.
La plante de l’oubli
Il y a une dernière chose que j’aime dans l’hémérocalle, et c’est peut-être la plus belle.
En Chine, on l’appelle aussi Xuan Cao, la « plante de l’oubli ».
Une ancienne légende raconte que manger ses fleurs aide à dissiper le chagrin et les soucis, à apaiser l’esprit tourmenté, et à retrouver la légèreté.
Je ne sais pas si c’est vrai sur le plan médical, mais je trouve cette légende magnifique 🙃
Parce que l’hémérocalle nous enseigne quelque chose de profond : savourer intensément le moment présent.
Chaque fleur ne dure qu’un jour. Elle ne cherche pas à s’accrocher, à durer plus longtemps qu’elle ne le peut.
Elle brille de toute sa beauté pendant ses quelques heures de vie… puis elle s’en va.
Mais demain, une nouvelle fleur s’ouvrira.
Puis une autre.
Puis encore une autre.
Et c’est ainsi que fonctionne la vie…
Et vous, connaissez-vous l’hémérocalle ? En avez-vous dans votre jardin ? Saviez-vous que c’était une plante entièrement comestible ? Vous pouvez me laisser un commentaire.
