Chère lectrice, cher lecteur,
Il existe un dessert qui fait presque l’unanimité : le chocolat !
Après le repas ou pour le goûter, croquer dans un carré est toujours un délice qui met de bonne humeur !
Aujourd’hui, je vous propose de revenir sur son histoire…
Car, avant de devenir le plaisir universel que l’on connaît, il a été une monnaie précieuse, un breuvage pimenté jugé « imbuvable » par les Européens, et même… un secret d’État jalousement gardé pendant un siècle !
Quand l’argent poussait dans les arbres
L’histoire du cacao commence en Mésoamérique, chez les Mayas et les Aztèques.
À cette époque, le chocolat solide n’existe pas : on récolte les fèves de cacao pour leur valeur exceptionnelle.

Elles servent d’abord de monnaie d’échange officielle.
Sur les marchés de la capitale aztèque, Tenochtitlan, les prix sont fixes : une fève permet d’acheter une tomate, dix fèves suffisent pour un lapin, et avec une centaine de fèves, on s’offre les services d’un travailleur pour la journée ou on achète un esclave1.
Posséder des fèves est un signe d’immense richesse, car cette monnaie se boit aussi.
Lors des rituels sacrés, les élites préparent le xocolatl.
C’est un liquide mousseux, amer et piquant, que l’on boit après avoir écrasé les fèves avec de l’eau, de la farine de maïs et du piment.

Des Aztèques préparent le « xocolatl », breuvage à base de cacao (gravure de Théodore de Bry, Histoire de l’Amérique, 1600).
Le rejet des conquistadors espagnols
Au XVIe siècle, lorsque les conquistadors espagnols débarquent en Amérique et découvrent cette boisson, c’est une déception totale.
Le mélange leur semble beaucoup trop épais, amer et piquant à cause du piment.
Un voyageur milanais de l’époque, Girolamo Benzoni, écrit même dans ses carnets que cette boisson ressemble « plus à un breuvage pour les porcs qu’à une boisson destinée aux humains ».
Les Espagnols ne mettent pourtant pas longtemps à trouver la parade. Ils retirent le piment, ajoutent du sucre de canne, un peu de cannelle et de vanille, et font chauffer la boisson au lieu de la servir froide comme le faisaient les Aztèques.
Le résultat change tout. Ce nouveau chocolat, plus doux et plus onctueux, devient vite la boisson favorite de la cour espagnole.
Pendant près d’un siècle, l’Espagne garde jalousement son secret. Le cacao arrive par bateaux entiers depuis les colonies, mais la recette reste confinée aux monastères et aux cercles aristocratiques.
De la tasse à la tablette
Pendant près de trois siècles, le chocolat reste exclusivement cette boisson liquide, très grasse et coûteuse.
Le passage à la tablette moderne n’arrive qu’au XIXe siècle avec la révolution industrielle.
En 1828, un inventeur hollandais réussit à extraire le beurre de cacao pour obtenir une poudre beaucoup plus légère et digeste.
En 1847, la maison anglaise Fry & Sons a l’idée de mélanger cette poudre avec du sucre et du beurre de cacao fondu : la toute première tablette de chocolat à croquer de l’histoire est née.
Le succès devient mondial en 1875 lorsqu’un chocolatier suisse, Daniel Peter, s’associe avec son voisin Henri Nestlé pour y ajouter du lait en poudre, créant ainsi le chocolat au lait moderne.
Puis en 1879, un autre Suisse, Rodolphe Lindt, invente le procédé du « conchage » : en brassant le chocolat pendant des heures, il obtient une texture lisse et fondante, bien loin du chocolat granuleux et cassant de l’époque.

Au XXe siècle, l’industrialisation et des maisons comme Cadbury, Hershey ou Milka démocratisent totalement le produit, qui passe du statut de luxe réservé aux élites à celui de gourmandise accessible à tous.
La boucle est alors bouclée : le breuvage amer et épicé que les conquistadors trouvaient bon pour les cochons est devenu l’une des douceurs les plus aimées au monde…
Connaissiez-vous l’histoire du chocolat ? Vous pouvez me laisser un commentaire, c’est toujours un plaisir de vous lire.
Source :
[1] https://labonbonniere.ch/le-chocolat-au-temps-des-mayas-et-des-azteques-un-delice-sacre-de-lantiquite/
