
En ce moment, impossible de le manquer sur les étals du marché, entre le céleri et le chou : le panais, un légume oublié !
Au premier abord, on peut le confondre avec une carotte blanche un peu pâlotte et biscornue.
On le range mentalement dans la catégorie « rustique », “ennuyeux”, « bon pour la soupe »…
Et on passe devant sans le considérer davantage… À tort !
Le « sucre » du Moyen Âge…
Aujourd’hui, si on veut du sucré, on prend du sucre.
Mais imaginez l’Europe au Moyen Âge : le sucre de canne est un produit de luxe vendu chez les apothicaires, et la betterave sucrière n’existe pas.
Alors, comment faisait-on un gâteau ou une confiture ?
On utilisait la chose la plus sucrée qu’on pouvait cultiver : le panais !
Le panais est naturellement bien plus sucré que la carotte (surtout après les premières gelées, qui concentrent ses sucres).
Et nos ancêtres l’utilisaient pour :
- Faire des gâteaux : il était la base de nombreux puddings et gâteaux de fête.
- Remplacer la confiture : on le faisait compoter longuement pour en faire une « marmelade ».
- Faire du sirop : On en extrayait le jus pour en faire un « miel de panais ».
Le panais était donc originellement le « sucre du pauvre ».🙃
… Devenu légume de disette
Avec le temps, le panais a changé de rôle.
À partir du XIXe siècle, avec le développement de la betterave (poussé par Napoléon !), le vrai sucre est devenu bon marché et disponible pour tous.
Le pauvre panais a perdu son super-pouvoir.
Il est alors devenu un simple légume nourricier : on le servait dans les potées, les bouillons, les plats familiaux.
Et puis, la guerre est arrivée.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, comme le rutabaga ou le topinambour, le panais faisait partie des rares légumes non réquisitionnés.
Nos grands-parents, faute de mieux, l’ont mangé bouilli au petit déjeuner, au dîner, parfois sans rien d’autre.
Le problème ?
Bouilli, le panais perd tout ce qui faisait sa magie : il devient farineux, amer, triste.
Il est devenu le symbole même de ces années noires.
Vous imaginez bien qu’après la guerre, plus personne ne voulait en entendre parler…
Il a été massivement rejeté, banni de nos assiettes pendant près de deux générations.
Et voilà que depuis quelques années, il est de retour… mais il traîne encore cette mauvaise réputation.
On se retrouve devant, un peu perplexe, sans trop savoir comment l’apprivoiser 🙃
L’astuce pour (enfin) l’adorer : faites-le rôtir !
La chaleur du four va caraméliser ses sucres naturels.
L’amertume disparaît, le goût s’arrondit, et il devient fondant.
Pour vous réconcilier avec lui pour de bon, voici la recette qui m’a fait adorer ce légume oublié :
Ma « recette » infaillible : le panais rôti au miel et aux herbes
Pour réaliser cette recette, il vous faut :
- 3 à 4 panais
- 3 cuillères à soupe d’huile d’olive
- 1 cuillère à soupe de miel (pour apporter une légère caramélisation aux panais 😍)
- 1 cuillère à café de farine (c’est le petit secret qui permet de cuire vos légumes de façon uniforme sans les ramollir !)
- Quelques branches de romarin ou de thym
- Fleur de sel, poivre

La préparation :
- Préchauffez votre four à 180°C.
- Épluchez vos panais (comme des carottes) et coupez-les en frites ou en gros bâtonnets.
- Dans un bol, mélangez-les avec la farine, l’huile d’olive, le miel, le thym, le sel et le poivre. Malaxez bien avec les mains pour que tout soit enrobé.
- Étalez-les sur une plaque de cuisson recouverte de papier sulfurisé. Important : ne les serrez pas trop, pour qu’ils puissent rôtir et non bouillir ! 😉
- Enfournez pendant une quarantaine de minutes. Retournez-les à mi-cuisson. Ils doivent être tendres à cœur (testez avec une fourchette ) et légèrement croustillants en surface.

Servez-les tièdes, en accompagnement ou même à l’apéritif ; succès garanti !
Connaissiez-vous le passé du panais, ce légume oublié ? Son côté sucré ?
Comment le consommez-vous ?
Vous pouvez me laisser un commentaire ci-dessous.
PS : Une autre preuve que ce légume n’a pas toujours été « rustique » ? L’empereur romain Tibère en était fou ! Il en faisait importer de grandes quantités de Germanie (grosso modo l’Allemagne actuelle), car il considérait les panais qui y poussaient comme les meilleurs du monde. Il les faisait même venir par bateau sur le Rhin !
PPS : Le panais cache bien son jeu, mais il n’est pas le seul ! Rutabaga, topinambour, céleri-rave… Y a-t-il un autre « mal-aimé » du marché dont vous aimeriez connaître l’histoire ? Dites-le-moi dans l’espace commentaires !

La farine mentionnée dans les ingrédients n’apparaît pas dans le déroulé de la recette ?
Bonjour,
J’ai en effet oublié de le noter : j’ajoute la farine avant d’enfourner, au même moment que le miel, l’huile, le sel, le poivre et les herbes. Il faut bien remuer ensuite pour que le panais soit tout à fait enrobé.
Vous m’en direz des nouvelles !
A très vite,
Mathilde
Merci pour votre recette
je le prépare en mélange avec d’autres légumes dans un wok sauté avec de l’huile d’olive
à la fin je rajoute un peu de bouillon de légume et je laisse mijoter avec un couvercle pendant 5 mn
je rajoute en milieu de cuisson du gingembre frais + épices de votre choix
délicieux
Très interessant pour tous les légumes….
Topinambours en premier !
Merci d’avance
je l’aime bien en soupe topinambour panais
avez vous l’origine du cerfeuil tubéreux un légume que je n’arrive pas a trouve et que j’aimerai gouter
Merci beaucoup pour vos bons conseils et petites recettes occasionnelles
On en profite tous
A quel moment utilisez vous la farine pour la cuisson du panais au four?
Bonjour,
J’ai en effet oublié de le noter : j’ajoute la farine avant d’enfourner, au même moment que le miel, l’huile, le sel, le poivre et les herbes. Il faut bien remuer ensuite pour que le panais soit tout à fait enrobé.
Vous m’en direz des nouvelles !
A très vite,
Mathilde
Les panais, je les coupe en petits dés et je les fais cuire dans un peu d’huile d’olive à la poêle. Une fois la poêle bien chaude, je verse une gorgée d’eau et une pincée de sel et je ferme le couvercle. Dans environ dix minutes c’est parfait et délicieux à manger en accompagnement de viande.
Bon appétit !
Allez l’histoire du rutabaga et surtout quelles recettes? Comme le navet? C’est dommage parce qu’en hiver, ils aident bien à varier les légumes autre que le combo : poireaux-carottes-pommes de terre. Merci!
Bravo pour cette petite histoire fort éclairante du panais.
C’était bien, aux yeux de ma famille et des amis, un légume « triste », peu intéressant, rappelant trop les années de disette.
C’est pourquoi j’aimerais bien aussi une « histoire » du rutabaga », autre légume méprisé que, personnellement, je ne sais pas très bien cuisiner.
Merci pour ce que vous faites.
Bonjour
La recette avec les panais a l air excellente.
Par contre dans la recette il y a de la farine et dans la confection il n’y a pas de farine
Est-ce que la farine doit etre mélangé avec tous les autres ingrédients
Merci de me répondre s’il vous plaît
Bonjour,
J’ai en effet oublié de le noter : j’ajoute la farine avant d’enfourner, au même moment que le miel, l’huile, le sel, le poivre et les herbes. Il faut bien remuer ensuite pour que le panais soit tout à fait enrobé.
Vous m’en direz des nouvelles !
A très vite,
Mathilde
Excellent article! Je l’aime bien le panais miam miam et c’est la recette de ma mère qui a 70ans qui me l’a fait adoré. Elle le prépare en tant que tajine à base d’onions caramélisés et panais et des raisons secs c’est succulent !
Vous parlez de farine dans la recette. On la met où ?
Bien cordialement
Helene
Bonjour,
J’ai en effet oublié de le noter : j’ajoute la farine avant d’enfourner, au même moment que le miel, l’huile, le sel, le poivre et les herbes. Il faut bien remuer ensuite pour que le panais soit tout à fait enrobé.
Vous m’en direz des nouvelles !
A très vite,
Mathilde
vos histoires sur les plantes sont super intéressantes. Non je ne connaissais pas le passé du panais. Merci pour vos recherches
Merci pour ces informations très intéressantes 🙏
Merci Mathilde pour la transmission de la recette, juste où et quand faut-il mettre la farine ??
Nathalie
Bonjour,
J’ai en effet oublié de le noter : j’ajoute la farine avant d’enfourner, au même moment que le miel, l’huile, le sel, le poivre et les herbes. Il faut bien remuer ensuite pour que le panais soit tout à fait enrobé.
Vous m’en direz des nouvelles !
A très vite,
Mathilde
Bonjour, le panais arrive régulièrement sur notre table dans les soupes ou les frites au four. En revanche nous sommes frustrés de ne pas pouvoir consommer les topinambour qui génèrent des désagréments digestifs parfois même douloureux. Nous les avons donc émincés malgré leur délicieux goût d’artichaut. Nous avons pourtant essayé plusieurs astuces! Auriez-vous un conseil? Merci
Bonjour, je ne connaissais pas le passé du panais, merci pour cette info !
Je le fais rôtir régulièrement au four avec d’autres légumes de saison, c’est délicieux !!
Je le fais en soupe : carotte’panais, lait de coco, curry. Délicieux !
bonjour,
Une question : quand met-on la farine? on saupoudre à la fin de la préparation?
Bonjour,
J’ai en effet oublié de le noter : j’ajoute la farine avant d’enfourner, au même moment que le miel, l’huile, le sel, le poivre et les herbes. Il faut bien remuer ensuite pour que le panais soit tout à fait enrobé.
Vous m’en direz des nouvelles !
A très vite,
Mathilde
Bonjour Mathilde,
je vous écris aujourd’hui car je n’ai pas pu vous répondre le mois dernier pour réserver votre Grand livre des plantes. S’il vous en reste un, vous serait-il possible de me l’adresser, j’aimerai vraiment en avoir un exemplaire, (moyennant finance bien évidement).
j’attends votre réponse avec impatience, merci par avance, dans l’attente de vous lire !
Fabienne C
Bonjour,
Vous pouvez vous le procurer ici : https://atlas.nouvelle-page-sante.com/?source=NPA632960002&sfId=%%ContactPolarisId%%&walletId=%%WalletId%%&1c_sepa=%%OneClickSepa%%&1c_cc=%%OneClickCC%%&re=https%3A%2F%2Fpremium.nouvelle-page-sante.com%2Fcns-glp-ldv-one-parcours%2Findex.html
J’espère qu’il vous plaira !
A bientôt,
Mathilde
Les salsifis, « doigts de morts » comme disait le père de mon amie…
Merci pour ces infos que je ne connaissez pas. Je les cuisine avec d’autres légumes pour accompagner du poulet par exemple. Mais jamais de cette façon
je ne savais pas comment le cuisiner , je vais faire en essai
j’aimerais connaître d’autres recettes de légumes oubliés
je ne connais que le topinambour bouilli
oui, l’histoire des topinambours, des rutabagas (différence avec navets ?)
Merci pour tout les conseils que tu nous donnes . Tu m a donner envie avec le panais je veux bien avoir les autres histoire
Bonjour,
Je vous remercie beaucoup pour cette découverte de l’histoire du panais, et pour cette recette.
Pouvez-vous me dire à quel moment vous utilisez la farine, que vous conseillez de mettre pour éviter que les légumes deviennent mous. Cela n’est pas mentionné dans la recette.
Je vous remercie, et vous souhaite une belle journée.
Emma
Bonjour,
J’ai en effet oublié de le noter : j’ajoute la farine avant d’enfourner, au même moment que le miel, l’huile, le sel, le poivre et les herbes. Il faut bien remuer ensuite pour que le panais soit tout à fait enrobé.
Vous m’en direz des nouvelles !
A très vite,
Mathilde
Merci pour toutes ces bonnes connaissances que vous nous apportez, merci pour votre générosité.
Pendant la guerre nos aïeuls consommaient rutabagas, topinambours, panais, mais aussi scorsonère, hélianti… Où les trouver, comment les consommer, est-ce bon? Faut-il que les gens se remettent à en cultiver dans leur jardin?
Bien cordialement.
Merci pour cette petite histoire du panais, que nous mangeons BIO, cru, avec la peau, avec d’autres crudités, un filet de vinaigre de cidre et d’huile d’olive, accompagnés de quelques noix, noisettes, amandes, cajou, pékan…un bol tous les jours, un régal !!!!
envoyez-nous d’autres petites histoires de légumes oubliés, merci.
Ben….et la farine alors? 😉 sur la plaque ou dans le mélange?
Cordialement
ANTOINE
Bonjour,
J’ai en effet oublié de le noter : j’ajoute la farine avant d’enfourner, au même moment que le miel, l’huile, le sel, le poivre et les herbes. Il faut bien remuer ensuite pour que le panais soit tout à fait enrobé.
Vous m’en direz des nouvelles !
A très vite,
Mathilde
J’ai fait cette recette, c’est excellent. En effet j’en consomme de nouveau ! merci.