
Je ne sais pas vous, mais le rutabaga… pendant longtemps, ce mot n’a rien évoqué pour moi.
Ou plutôt si : un souvenir très précis de l’école primaire.
Nous étions en train de répéter une petite pièce de théâtre pour un spectacle, et à un moment, l’un des personnages devait dire quelque chose comme :
« Et ce soir-là, ils n’eurent à manger que des rutabagas… »
Et là, ma camarade Mona (qui n’avait jamais sa langue dans sa poche) lève la main, coupe la maîtresse et s’exclame :
« Des rutaba-quoi ??? »
Toute la classe avait éclaté de rire.
Je me souviens encore du sourire amusé de la maîtresse qui avait répondu que le rutabaga est un légume oublié.
Alors aujourd’hui, j’ai envie de vous le présenter.
De vous raconter sa drôle d’histoire, sa fausse réputation… et surtout pourquoi il mérite de revenir dans nos assiettes cet hiver 😉
Comment reconnaître le rutabaga ?
C’est un légume d’hiver par excellence, que l’on retrouve sur les étals d’octobre à mars.

On a tendance à le confondre avec le navet, mais ce n’est pas tout à fait la même chose !
Le rutabaga est plus gros, plus rustique, et sa peau varie du beige au jaune, avec un collet (le haut) qui tire sur le violet ou le bronze.
Sa chair est d’un joli jaune, alors que celle du navet est blanche.
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Rutabaga |
Navet |
Et côté goût ? Il est doucement sucré, avec une légère pointe de piquant 😋
Une “anomalie” venue du Nord
Contrairement à la plupart des légumes que nous connaissons, le rutabaga n’a jamais eu de version sauvage.
Vous pouvez parcourir toutes les forêts et les plaines d’Europe, vous ne trouverez jamais son “ancêtre » 🙃
Et pour cause : le rutabaga est une création accidentelle de la nature.
On situe sa naissance au Moyen Âge, en Scandinavie.
À cette époque, les paysans cultivaient choux et navets dans des champs voisins.
Un souffle de vent, une abeille un peu téméraire… le pollen de l’un rencontre la fleur de l’autre.
C’est alors qu’une graine hybride apparaît.
Un agriculteur curieux la remarque, la cultive, la goûte… et la trouve prometteuse.
Le rutabaga vient de naître.😊
Entre le chou et le navet
Cette histoire serait un peu tirée par les cheveux et prêterait à sourire, si la génétique moderne n’était pas venue la confirmer[1].
Quand les scientifiques ont analysé l’ADN du rutabaga, ils ont découvert une chose un peu folle : le rutabaga n’a pas pris la moitié des gènes du chou et la moitié de ceux du navet.
Non.
Il a combiné l’intégralité du génome du chou et du navet.
C’est une « anomalie » génétique (appelée allopolyploïdie) qui a créé une toute nouvelle espèce, parfaitement stable et fertile !
Le symbole de la restriction…
Ancré dans les hivers du Nord, robuste, nourrissant, le rutabaga s’est rapidement imposé en Suède, en Écosse, en Allemagne.
En France, l’accueil qu’on lui a réservé a été plus tiède.
On préférait le navet, plus familier.
Et puis, la guerre est arrivée.
Sa capacité à pousser dans des sols pauvres et à survivre aux hivers les plus rudes l’a rendu indispensable.
Mais souvent consommé vieux et fibreux, cuit à l’eau, il se forge alors une réputation de légume de restriction, tout comme le panais.
… Avant le retour en grâce
Aujourd’hui, le rutabaga reprend sa place dans nos cuisines et sur les étals.
Rôti au four, frit, en purée ou en gratin… Il existe de nombreuses façons de profiter de son goût sucré et piquant, et de varier les légumes d’hiver.
Et tant mieux, car au-delà de son goût, le rutabaga est une excellente source de vitamine C et est très riche en fibres.
Ma recette préférée ? Les frites !😋
Ma recette facile de rutabaga : les frites au four !

Ingrédients pour 4 personnes :
- 3 rutabagas
- 4 cuillères à soupe d’huile de tournesol
- Parmesan (quantité selon votre niveau de gourmandise 😋)
- 1 gousse d’ail
- paprika
- sel et poivre
Préparation :
- Préchauffez le four à 180°C .
- Épluchez les rutabagas et coupez-les en forme de frite.
- Épluchez la gousse d’ail, hachez-la finement.
- Placez vos frites de rutabaga et l’ail dans un saladier.
- Ajoutez l’huile d’olive et mélangez bien.
- Ajoutez le parmesan, le paprika, le sel et le poivre à votre convenance, puis mélangez à nouveau.
- Enfournez pour 30 minutes environ, en remuant à mi-cuisson. Vos frites doivent être dorées.
C’est une recette très simple et rapide à réaliser, et qui permet de faire manger des légumes d’hiver même aux plus récalcitrants.
Si vous testez cette recette, n’hésitez pas à me donner votre avis.
Et voilà, vous savez tout sur le rutabaga !
Connaissiez-vous son histoire ? Connaissez-vous d’autres manières de le cuisiner ? Vous pouvez me répondre en laissant un commentaire.
Dans une prochaine lettre, je vous parlerai d’un autre légume oublié difficile à apprivoiser et que vous êtes nombreux à m’avoir demandé : le topinambour !
PS : Pour bien choisir votre rutabaga, prenez-le de taille moyenne, ferme, lourd et à la peau lisse. Les très gros deviennent fibreux et perdent beaucoup en saveur.



Encore une belle histoire et juste avant Noël, elle ressemble à un conte ! Merci à vous de nous en apprendre un peu plus chaque jour.
Merci pour tous vos conseils. Je vous souhaite excellente fin d’année.
Le rutabaga est un excellent légume que je cuisine,le goût est très fin et il se marie bien avec d autres légumes et accompagne les viandes,par contre difficile a trouver sur les marches
Je recommande
Bien présent sur nos marchés et grandes surface de Normandie et Bretagne.
Je pensais que le rutabaga était le nom réel du topinambour. Pouvez vous me confirmer ou infirmer cela
Bonjour,
Le rutabaga et le topinambour sont bien 2 légumes différents. J’ai prévu d’en parler bientôt, surveillez vos emails ! 😊
A bientôt,
Mathilde
Bonjour, le rutabaga, je le mets dans le pot-au-feu, une poule-au-pot, ou sauté avec un magret de canard et miel. Ou simplement râpé avec des carottes, céleri rave et une émulsion vinaigre de cidre huile colza, sésame zestes d’orange. Voilà
I have eaten this traditional British recipe (below) all my life. Couldn’t be more simple.
Equal quantities of Swede (Rutabaga) & carrots – however many people you’re cooking for etc
Boil or steam until slightly softened. Chop finely or mash. Season to taste & serve with any lamb dish. Absolutely delicious!
Bonjour,
Faire cuire les aliments avec de l’huile de tournesol (OMEGA 6) qui doit être conservée au frigo, je ne crois que c’est une bonne idée. De plus, faire les faire dorer produit la fameuse molécule de maillard (glycation) très toxique pour nos cellules.
Belle journée à vous.
Bonjour, je ne connaissais pas l’histoire du rutabaga, mais je connaissais le légume depuis longtemps, notamment par ma famille maternelle, originaire du nord de la France, et je viens de comprendre pourquoi ma grand-mère l’appelait « chou-navet ».
Merci donc de m’éclairer.
Au Québec le rutabaga est cultivé et mangé avant les navets. Il est délicieux dans les soupes, et dans ce que nous appelons des bouillis : en fait des cubes de viandes cuit avec carottes, oignons, choux et fève vertes (que ma mère attachait en paquet pour chaque convive) le tout mis au four avec eau pour 3 heures. le rutabaga est alors fondant et sucré… délicieux. Merci de nous joindre chaque jour. Vous m’avez redonné le goût des plantes sauvages. J’aimerais que votre abonnement soi numérique. les frais de port sont très important pour le Canada.
Bonjour !
Merci pour cette recette qui a l’air délicieuse !
Concernant la revue, les frais de port sont de 5€ partout dans le monde 😊
A très vite,
Mathilde
Je connais le rutabaga depuis mon enfance
Au Québec c’est un légume régulièrement vendu dans les marchés d’alimentation mais chez nous il était dans le jardin de ma mère et de ma grand-mère
sunflower oil is not a very « healthy » oil…. why not use olive oil?
mille mercis, Mathilde, pour cet historique nourri et l’esplication de la différence avec les navets. Je vais préparer des légumes-racines d’hiver au four (dont ‘frites’ de rutabaga) pour mon prochain dîner partagé qui s’en vient.
Dans les campagnes de Bretagne et je crois aussi de Normandie, le « ruta » ou le « rut » a toujours été un légumes de base, bien moins oublié que le panais.
Pour la bonne bouche, « pikou panez » signifie tache de rousseurN