Si les arbres sont plus difficiles à reconnaître en plein hiver lorsqu’ils ont perdu leurs feuilles, il y en a un qui se repère de loin : le bouleau.

Avec son écorce blanche, on peut difficilement passer à côté ! 🙂

Et en observant tous ces troncs autour de moi (certains presque noirs, d’autres gris, et ce bouleau tout blanc) une question m’est venue :

Pourquoi chaque arbre a-t-il une écorce si différente ?

Vous vous en doutez, ce n’est pas un hasard esthétique.

C’est en réalité une véritable stratégie de survie !

Pour passer l’hiver, chaque espèce a dû inventer sa propre armure contre le froid, le gel, et les variations brutales de température.

Et l’armure du bouleau a une histoire fascinante 🙃

L’arbre qui n’avait pas le temps

Le bouleau est ce qu’on appelle un arbre pionnier.

C’est l’un des premiers à s’installer sur un terrain nu : après un incendie de forêt, une coupe forestière, un éboulement, une coulée de lave refroidie…

Ses graines sont minuscules et le vent les transporte sur des kilomètres.

Dès qu’elles touchent le sol, elles germent en quelques jours.

En 5 ans, il peut atteindre 5 à 7 mètres de haut.

Pourquoi cette précipitation ?

Parce qu’il sait que d’autres arbres vont arriver derrière lui (des chênes, des hêtres, des sapins), qui pousseront plus lentement, mais qui finiront par le dépasser et lui faire de l’ombre.

Le bouleau n’est pas fait pour vivre à l’ombre.

Alors il doit grandir vite, se reproduire vite, avant d’être étouffé par ses successeurs.

Et cette rapidité l’oblige à avoir une écorce fine comme du papier.

Le piège du faux printemps

Cette écorce fine pose un problème mortel.

En février, il y a souvent ces belles journées ensoleillées… alors que l’air reste glacial.

Si l’écorce du bouleau était sombre, elle absorberait cette chaleur et réveillerait les cellules juste en-dessous, qui se gorgeraient de sève, croyant le printemps revenu.

Le drame arriverait au coucher du soleil, quand la température chute sous zéro : l’eau dans les cellules gèlerait.

Comme la glace prend plus de place que l’eau, les cellules exploseraient, créant de profondes déchirures appelées gélivures.

C’est un véritable danger de mort pour l’arbre.

Alors pour sa survie, le bouleau a trouvé une solution assez géniale : devenir blanc 😊

Des millions de petits miroirs

Cette blancheur vient d’une substance unique appelée bétuline.

Elle peut représenter jusqu’à 30% du poids de l’écorce du bouleau et se présente sous forme de cristaux microscopiques blancs qui agissent comme des millions de petits miroirs.

Ils réfléchissent la lumière du soleil au lieu de l’absorber.

Résultat : même en plein soleil, le tronc du bouleau reste froid.

Il ne se laisse pas berner par le « faux printemps » et reste sagement endormi jusqu’au vrai redoux 🙃

Mais la bétuline fait bien plus que cela. Elle est :

  • Antifongique et antibactérienne, ce qui bloque les champignons et les infections
  • Hydrofuge : elle rend l’écorce imperméable (les Amérindiens fabriquaient leurs canots avec !)
  • Imputrescible : vous avez sans doute déjà croisé un vieux tronc de bouleau tombé au sol. Si vous le poussez du pied, le bois à l’intérieur tombe en poussière, mais l’enveloppe blanche reste intacte et solide

Une eau chargée de cette énergie

Puisque l’écorce du bouleau est fine, il est plus sensible aux températures et donc aux saisons. Il est le premier à sentir que c’est le printemps.

Pour nourrir ses bourgeons en un temps record, il propulse sa sève avec une pression énorme (jusqu’à 2 bars, soit l’équivalent de la pression d’un pneu de voiture) !

En circulant, cette sève se charge des propriétés de l’arbre et transporte avec elle une partie de cette bétuline protectrice.

C’est pour cela que la cure de sève est si réputée en février et mars.

Elle apporte non seulement plein de minéraux (calcium, magnésium, potassium notamment), mais elle agit aussi comme une « lessive » naturelle : elle vient rincer nos reins pour nous aider à évacuer les toxines accumulées tout l’hiver.

Connaissiez-vous toutes ces anecdotes sur le bouleau ? Avez-vous déjà tenté une cure de sève fraîche au printemps ?

N’hésitez pas à partager vos expériences en commentaire, je vous lirai avec plaisir !